31/03/2005

ETATS ITALIENS - ½-tornese « Trinacria ».

Dans les années 1850, le royaume des Deux-Siciles était formé par la Sicile et l’extrémité méridionale de la péninsule des Apennins. Il avait Naples pour capitale et était placé sous la souveraineté d’un Bourbon. Les deux régions administraient leurs services postaux séparément. Naples procéda à l’émission de ses premiers timbres le 1er janvier 1858. Ils s’ornaient des armoiries du royaume, composées du Cheval de Naples, le « trinacria » (animal à trois pattes avec la tête de Méduse) de Sicile, et l’emblème fleurdelisé des Bourbons.

Giuseppe Masini grava les matrices de la série, qui se composait de sept valeurs allant de ½ grana à 50 granas.

En mai 1860, Giuseppe Garibaldi envahit la Sicile et déposa les Bourbons. Il fallut alors établir un gouvernement provisoire pour Naples et la Sicile. Ce gouvernement demeura deux années au pouvoir avant que l’ancien territoire des Deux-Siciles ne fût intégré au Royaume d’Italie.

Deux timbres de ½ tornese, destinés à l’affranchissement des journaux, furent émis peu après l’entrée en activité du gouvernement provisoire.

L’un de ces deux timbres, le ½ tornese bleu foncé, fut réalisé à partir de la plaque ayant servi à l’impression du ½ grana de Naples, en 1858. Le « G » (pour grana) fut effacé de la plaque et un « T » (pour tornese) lui fut substitué à la main. Comme de dessin central était composé des armoiries du royaume, comportant le célèbre animal à trois pattes, ce timbre fut surnommé le « trinacria ».

Quelques spécimens seulement existent encore aujourd’hui. Ils se rangent parmi les timbres les plus rares des Etats Italiens.



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ESPAGNE - 2-reales avec Erreur Chromatique

Le 24 octobre 1849, la reine Isabelle II d'Espagne promulguait un décret royal autorisant l'émission de timbres-poste pour l'affranchissement et l'enregistrement de la correspondance. La deuxième émission postale espagnole eut lieu le 1er janvier 1851. Elle se composait de six timbres différents, montrant le profil de la reine couronné par un diadème de perles. La bordure ovale entourant le portrait comportait la valeur et l'année d'émission. Ces timbres furent typographiés par feuillets de 170 (10x 17), par l'Imprimerie Gouvernementale de Madrid.

Parmi cette série, figurait un timbre de deux reales, imprimé à l'encre rouge, et un autre de six reales, imprimé à l'encre bleue. U ne erreur d'impression fut provoquée par l'insertion accidentelle d'un cliché de 2-reales dans la plaque réservée aux 6-reales. En 1868, le collectionneur anglais Alfred Smith de Bath fit l'acquisition d'une collection de timbres espagnols et découvrit un 2-reales bleu. les spécialistes considérèrent toutefois que ce spécimen constituait un essai d'imprimeur ou une épreuve. Dans les années qui suivirent la découverte de Smith, de nombreux articles concernant ce timbre parurent dans la presse philatélique. Puis, en octobre 1899, une paire composée d'un 2-reales bleu et d'un 6-reales bleu fut découverte. L'on apprit que cette paire provenait d'un bloc de 6-reales. En 1921 toutefois, le grand expert des timbres espagnols Hugo Griebert prétendit que les 2-reales imprimés en bleu étaient tout simplement des faux. Suite à cet avis, le timbre fut retiré du catalogue Stanley Gibbons.

En 1922, lors de la vente à Paris de la collection Ferrari, Griebert n'en acheta pas moins la paire verticale unissant un 6-reales et un 2-reales bleus. La célèbre paire fut plus tard vendue au roi Carol II de Roumanie, puis en 1951, elle devint la propriété de René Berlingin.

Finalement, la Royal Philatelic Society de Londres et la Société Postale Espagnole tombèrent d'accord pour définitivement accréditer la théorie du cliché mal placé et pour considérer les 2-reales bleus comme résultant effectivement d'erreurs d'impression.

Seuls trois spécimens de ces timbres sont répertoriés.



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CANADA - 12 pence Reine Victoria

 Le Canada procéda à l’émission de ses premiers timbres de 3 pence, 6 pence et 12 pence en 1851. En février 1851, l’artiste Sandford Fleming créa des motifs décoratifs destinés à orner un timbre de 3 pence et un autre d’un shilling. Ces motifs représentaient un castor, l’emblème national canadien. Étant donné toutefois que les timbres à haute dénomination étaient destinés à être utilisés sur le courrier devant quitter le pays, l’on considéra que ces timbres devaient représenter la souveraine ayant auto­rité sur le Canada. Le timbre de 12 pence porta donc une représentation de la Reine Victoria, inspirée du célèbre portrait réalisé par Edward Chalon.
Ce fut la firme new-yorkaise Rawdon, Wright, Hatch & Edson qui fut chargée de l’impression des premiers timbres canadiens. La réalisation de la matrice destinée à la frappe du timbre de 12 pence fut confiée à Alfred Jones. Sur ce timbre, la mention Canada Postage apparaît au-dessus du portrait de la Reine, tandis que la dénomination figure dans la partie inférieure. Le timbre de 12 pence servait à payer le taux par once des lettres à destination de Terre-neuve ou des Antilles Britanniques, qui transitaient par Halifax et Liverpool, ainsi que les lettres en surcharge à destination des États-Unis

Le 12 pence était imprimé à l’encre noire sur un papier fait à la main, discrètement ligné. Il était gommé, mais pas dentelé. Quelque 51.000 timbres de 12 pence furent imprimés, mais seuls 1.510 d’entre eux furent vendus. Les timbres demeurèrent en vente du 14 juin 1851 au 4 décem­bre 1854. Les 49.490 timbres inutilisés furent détruits le 1er mai 1857. L’on estime généralement que, de nos jours, il n’existe même plus cent spécimens du 12 pence « Reine Victoria ». L’on connaît trois paires non-oblitérées. L’une d’elles, détachée du coin du feuillet, enrichit les collections du Musée Postal National d’Ottawa, dans l’Etat de l’Ontario. Un très beau spécimen non-oblitéré fut adjugé pour 75.000 dollars lors de l’édition 1980 de la vente annuelle que Robert A. Siegel consacre aux objets les plus rares au monde. Les philatélistes considèrent ce timbre parmi un des plus beaux des spécimens rares.


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BUENOS AIRES - Paire de 1-Peso "Vapeur" Tête-Bêche

 Buenos Aires, une province de la république Argentine et aujourd'hui également capitale de ce pays, procéda à l'émission de ses premiers timbres en avri11858. Il s'agissait d'une série de quatre valeurs -2,3,4 et 5 pesos ­qui fut imprimée par l'Hôtel des Monnaies (Banco y Casa Moneda). Ces timbres représentaient un vapeur au sein d'un ovale horizontal. Ils comportaient les inscriptions Correos et Bue/los AIres au-dessus et au-dessous de l'ovale, tandis que la valeur figurait dans les panneaux latéraux. En raison de leur dessin, ces timbres reçurent le surnom de "barquitos" (petits navires). Signalons que ledit dessin s'avérait particu­lièrement bien approprié, étant donné que Buenos Aires constituait, et constitue toujours, le principal port argentin.

Les timbres furent typographiés par feuillets de 48 spécimens (6x8). Imprimés sur un fin papier vélin, ils furent émis non dentelés et gommés. La plupart étaient d'une qualité à ce point médiocre, qu'il s'avérait difficile de déchiffrer leur valeur et que seule leur couleur permettait de les différencier.

La série fut émise une seconde fois le 26 octobre 1858, puis une troisième fois le 1er janvier 1859, avec des variétés d'un timbre de 1-peso, imprimé à l'encre bleue. 

Les plaques utilisées pour la production du 4-pesos furent modifiées pour l'impression du 1-peso. A cette fin, le mot Cuatro fut effacé des plaques, mais l'opération fut réalisée avec une telle maladresse que l'ancienne valeur continua à apparaître discrètement sur certains des nouveaux timbres.

Les plaques utilisées pour la production du 5-pesos furent également modifiées pour permettre l'impression de l'autre variété du 1-peso. La valeur fut à nouveau maladroitement effacée et, étant donné que les clichés devaient être traités séparément, il en résulta 48 variétés plus ou moins différentes.

Ce fut durant l'impression de cette deuxième variété du 1-peso que des "tête-bêche" virent le jour. L’existence de cette erreur d'impression ne fut révélée que lors de la vente de la collection Ferrari, en 1922. Il s'agissait d'une paire horizontale qui fut acquise par le célèbre collectionneur américain Alfred Lichtenstein. Peu après cette vente, une nouvelle paire, verticale cette fois, fit son apparition en Allemagne.


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BRESIL - Bande de Pack

L’État sud-américain du Brésil procéda à l’émission de ses premiers timbres-poste le 1er août 1843. Cette première émission se composait de trois valeurs: un 30-reis, un 60-reis et un 90-reis. En raison de leur dessin circulaire, ces timbres ont été surnommés « Oeil-de-bœuf » par les phila­télistes. Ce dessin fut sélectionné à la place d’un portrait de l’empereur Dom Pedro II, car il était considéré comme malséant d’entacher l’effigie impériale d’une oblitération.

Les timbres furent imprimés en creux, à l’encre noire, sur des papiers de diverses qualités. Les premières impressions furent réalisées avec une plaque composée, contenant au-dessus un panneau de 18 timbres de 30 reis, au milieu un panneau de 18 timbres de 60 reis, et un panneau de 18 timbres de 90 reis. Tous ces timbres étaient non dentelés.

Généralement, les panneaux étaient séparés avant que les timbres ne soient vendus dans les bureaux des postes. Il en résulte que les bandes verticales composées de timbres de plusieurs valeurs sont extrêmement rares. Il existe cependant une paire verticale non oblitérée regroupant un 30-reis et un 60-reis.

L’une des raretés philatéliques les plus célèbres est une bande verticale de trois « Oeil-de-bœuf » oblitérés, composée d’un 60-reis et de deux 30-reis. Cette bande demeura pendant longtemps la propriété de Charles Lathrop Pack et les philatélistes ont fini par la surnommer « bande de Pack:’ Aux enchères Pack, au cours de la Deuxième Guerre Mondiale, elle fut acquise par Y. Souven, puis fut intégrée à la collection du Docteur J .A. Almeida Dias. Lorsque cette collection fut mise en vente par Stanley Gibbons, à Londres, en 1963, la « bande de Pack » fut acquise par Lars Amundsen. La collection de celui-ci fut à son tour mise en vente en 1969 et les trois timbres furent acquis par leur propriétaire actuel pour 23.460 dollars.




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BERMUDES - 1-penny "Perot"

Les Bermudes, archipel britannique de l'Atlantique, au nord-est des Antilles, procédèrent à leurs premières émissions postales en 1848. Il s'agissait de timbres provisoires émis par des receveurs de la poste. Jusqu'en 1865, année au cours de laquelle le gouvernement local procéda à ses premières émissions officielles, il était d'usage d'affranchir les lettres à l'aide d'un cachet apposé à la main. Cet affranchissement devint obligatoire en 1846 et William B. Perot, receveur de la poste de Hamilton, créa ses propres timbres pour l'affranchissement des envois postaux non destinés à sortir de l'archipel. Pour ce faire, il se contenta d'utiliser l'oblitération propre à Hamilton, en enlevant la mention du jour et du mois mais en conservant l'année. Perot oblitérait par douze fois des feuillets, à l'aide du cachet modifié par ses soins, puis ajoutait à la main, sur chaque oblitération, une valeur et sa signature. Vendus au prix unitaire d'un penny, ces timbres permettaient l'affranchissement des envois locaux. Il semble certain qu'il ne fut jamais procédé à l'oblitération des envois ainsi affranchis.

Les timbres "Perot;' tels qu'ils sont surnommés par les philatélistes, passèrent inaperçus des collectionneurs jusqu'en 1897 .C'est alors qu'un spécimen en rouge, daté de 1854 et utilisé pour l'affranchissement d'une lettre rédigée en avril 1855, fut signalé. Un deuxième spécimen fut découvert en avril 1898.

Les philatélistes hésitèrent tout d'abord à considérer ces timbres provisoires comme des émissions postales à part entière. Des recherches effectuées par Sir Edward D. Bacon, le philatéliste responsable de la collection personnelle du Roi Georges V, établirent toutefois l'authenticité de ces timbres et leur qualité de premières émissions des Bermudes. Quelque onze spécimens, dont trois font partie de la Collection Royale conservée à Londres, sont répertoriés. U n 1-penny rouge sur papier bleuté, apposé sur une enveloppe, s'est vendu pour 210.000 dollars, lors d'une vente organisée à New York, le 5 avril 1980, par Robert A. Siegel.


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ARGENTINE - 15 centavos sceau de la république, paire tête-bêche

L'Argentine en tant que pays unifié procéda à ses premières émis­sions postales le 2 janvier 1862. Elle émit alors 3 valeurs: 5, 10 et 15 centavos. Le motif central des timbres représentait l'emblème de la république qui est constitué du bâton de la liberté tenu par deux mains entrelacées, symboles de fraternité et d'union. Le bon­net de la liberté, symbole des patriotes qui se sont battus pour l'indépendance de l'Argentine au XIXe siècle, couronne le bâton. Au-dessus de cet emblème, un soleil levant, le « Soleil de Mai » symbolise la lutte de la nation pour son indépendance. Le dessin central est entouré d'une rangée de perles. En dessous apparaît la dénomination et le timbre porte l'inscription Republica Argentina. 

Les timbres furent lithographiés par Roberto Lange de Buenos Aires en feuillets de 70. Ils furent imprimés sur du papier vélin et émis gommés et non dentelés. Dans la plaque d'impression des 15 centavos bleus, un motif fut inversé. Cet accident d'impression produit des variétés tête-bêche, dont on n'en a répertorié que trois. Un bloc endommagé de huit timbres non oblitérés fut repris dans la collection Lichtenstein-Oale et un bloc oblitéré endommagé de quatre dans celle de Schatzkes. La troisième variété tête-bêche répertoriée est une paire non oblitérée qui fut achetée par le duc de Polignac. Sa collection n'était pratiquement pas connue avant qu'elle n'apparaisse sur le marché parisien dans les années 1950. Cette paire tête-bêche fut finalement acquise par Schatzkes.


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