06/04/2005

Le faussaire François Fournier

 Dans les années 20, l'Union Philatélique de Genève accomplit un énorme travail, sous la direction de son président, M. E. Friedrich. Cette association réussit à acheter à la maison Ch. Hirschburger, également à Genève, un certain nombre de caisses pleines de marchandises douteuses. Celles-ci, en effet, contenaient non seulement tous les soldes des timbres-poste imprimés par les prédécesseurs de Hirschburger, mais encore les presses à imprimer et à denteler, et tous les stocks imprimés qui avaient servi à fabriquer tous les produits qui font actuellement le souci des philatélistes : les faux tant redoutés d'un certain M. François Fournier.

Les presses et les stocks d'imprimés furent remis au musée des PTT de Berne où, depuis, ils sont gardés sous clé.

Les membres de l'association confectionnèrent 475 albums avec les timbres qu'on y trouva, dans lesquels on peut voir presque tous les faux marquants de Fournier. Les albums furent numérotés et vendus à toutes les associations, experts et commerçants du monde entier, aux fins de contrôle, ce qui permit de couvrir le prix d'achat du matériel. Les autres pièces des installations de Fournier furent détruites sous contrôle. En un quart de siècle, ce que Fournier a pu produire en faux, souvent avec une maîtrise incomparable, dépasse l’imagination. Il n'y a pratiquement pas un timbre, parmi les joyaux des collections, qu'il n'ait imité et mis dans le commerce. Par exemple, pour les faux du Japon de leur origine jusqu’à environ l’an 1900, Fournier avait émis une grande feuille à laquelle était annexée un tarif. Selon l'avis du faussaire, il valait mieux acquérir ces vignettes pour le prix de 20 mark plutôt que de devoir débourser 500 mark pour se procurer les timbres véritables. Les collectionneurs de son temps pensaient de même.

Mais bientôt quelques-uns d'entre eux réfléchirent. Les reproductions de Fournier étaient si bien faites que même des collectionneurs avisés s'y laissaient prendre et les considéraient comme authentiques.

L'un des faux les plus redoutés de Fournier est l'imitation d'un timbre de 4 centimes d'Alsace-Lorraine qui trompa maints collectionneurs éprouvés. En considérant ces albums, on craint d'avoir dans sa collection des faux de Fournier ou de Spérati, car Fournier n'était malheureusement pas le seul à déployer cette activité malhonnête qu'il maîtrisait si bien.



10:36 Écrit par cplh | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Je vais acquérir un de ces albums en très bon état mais incomplet. Quel est le prix en cours?

Écrit par : frantz | 28/02/2008

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