06/04/2005

Le faussaire Jean de Spérati

Au centre du scandale des falsifications philatéliques qui ont retenu     l'attention du monde entier, notons en France dans les années 1950 celui provoqué par Jean de Spérati. Ses faux étaient de petites merveilles artistiques qui ont réussi à tromper les meilleurs experts.

Il se livra corps et âme à cette opération et il faillit ne jamais être démasqué. Dans le courant de l’année 1947, il transportait quelques timbres plus que rares, alors qu'il s'apprêtait à franchir la frontière franco-espagnole près de Hendaye. Un douanier reconnut parmi ces timbres le bleu de l'île Maurice et réclama le paiement des droits. Spérati s'y refusa en déclarant que le timbre était faux.

Au cours de l'interrogatoire auquel on le soumit, il avoua avoir imprimé lui-même ces timbres et d'autres pièces rares. Il l'avait fait pour avoir le plaisir de démontrer aux philatélistes et collectionneurs les plus avertis qu'il pouvait les tromper tous. Il ne voulut pas révéler comment il s'y était pris. Il prétendit cependant pouvoir livrer le bleu de l'île Maurice pour le prix de 8 francs la pièce à des milliers, voire des dizaines de milliers de gens. Selon lui, on ne pouvait pas distinguer un seul de ces timbres de l'original. Cependant les experts en timbres, qui avaient déclaré authentiques les produits de Spérati, ne voulurent pas en démordre. Ils auraient été la risée de tous. Ils affirmèrent que les timbres donnés pour faux par Spérati étaient authentiques.

Mais les douaniers crurent Spérati qui n'eut rien à payer. En revanche, il fut condamné à un an de prison quand on eut découvert qu'il avait offert ces produits aux enchères, et cela beaucoup trop cher. Après sa libération, on perdit sa trace en Suède où il a dû mourir.

C'est une chance pour les collectionneurs que Jean de Spérati, très âgé, ait dû vendre sa collection complète, avec les clichés et les archives de sa production. Celle-ci fut achetée par un groupement philatélique anglais, la «British Philatelic Association». Ce matériel fut soumis aux experts et les résultats portés à la connaissance du public, de sorte que ces falsifications ont perdu un peu de leur influence dangereuse.



10:37 Écrit par cplh | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

si vous me donnez votre adresse, je me ferai un grand plaisir de vous offrir le livre que j'ai écrit "Sperati, l'homme qui copiait les timbres" j'ai travaillé 6 années à réunir documents, témoignages, je suis allée en Suisse, en Italie, en Angleterre et dans les tribunaux chercher "la vérité"
j'ai été, pour cet ouvrage récompensée par un prix d'honneur et un prix vermeil avec félicitations, à l'exposition de Toronto en 2005; ceci uniquement pour vous indiquer le sérieux de mon travail.
envoyez moi par mail votre adresse et je me ferai un plaisir de vous l'offrir
cordialement
Lucette Blanc Girardet

Écrit par : lucette Blanc Girardet | 17/09/2014

Merci d'avance pour votre envoi

Écrit par : Reiss | 09/12/2014

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