30/05/2005

JAPON - 500 Mon "Dragon"

Le Japon réalisa ses premiers timbres le 20 avril 1871. Cette première série se composait de 4 valeurs: un timbre de 48 mon, un autre de 100 mon, un de 200 mon et un quatrième de 500 mon. Le motif de ces timbres se composait de deux dragons entourés d'une bordure grecque. La dénomi­nation, libellée en caractères japonais, apparaissait entre les dragons. C'est précisément en raison de la présence de ces animaux mythiques que les collectionneurs ont surnommé ces timbres des "dragons".

En 1973, les philatélistes du monde entier eurent la surprise d'apprendre l'authentification d'un timbre de 500 mon à motif central inversé. Ce timbre avait été acquis par John C. Linsleyen 1953, en même temps qu'un lot d'anciennes émissions postales japonaises. En étudiant en détail son acquisition, le philatéliste remarqua immédiatement ce 500 mon, dont le centre (la dénomination en caractères japonais) était imprimé à l'envers. Cette variété était jusque là inconnue et, en conséquence, Linsley ne prêta guère d'attention à sa découverte, pensant qu'il s'agissait d'une contrefaçon.

A sa mort, en 1954, sa collection fut léguée à Mark Weber, son fils adoptif, qui la conserva sans s'y intéresser jusqu'au début des années 1970. Ayant alors besoin d'argent pour poursuivre ses études universitaires, Weber envisagea de vendre sa collection de timbres.

Le 500 mon fut envoyé pour identification à la Société Internationale de Philatélie Japonaise. Le timbre fut photographié et le cliché agrandi et il se révèla que la bordure provenait d'une extrémité de la feuille et la dénomination de l'extrémité opposée. Le timbre fut donc authentifié comme constituant une véritable variété à centre inversé. Etant donné que ces timbres étaient imprimés par feuilles de 40, au moins 40 spécimens de 500 mon à centre imprimé à l'envers ont dû exister. A ce jour cependant, il n'existe qu'un seul spécimen connu.

Le timbre et son certificat d'authentification furent confiés à la Société Waverly Trading, qui se chargea de la vente aux enchères à Tokyo. Le 9 décembre 1973, le timbre fut adjugé pour 21.000.000 de yens au Sun Philatelic Center de Tokyo.


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ESPAGNE - 12-Quartos "Reine Isabelle" à encadrement inversé

L'Espagne, une monarchie occupant la majeure partie de la péninsule Ibérique, au sud-ouest de l'Europe, procéda à l'émission de ses premiers timbres le 1er janvier 1850. Ces timbres représentaient la reine Isabelle II, alors sur le trône. Jusqu'en 1870, la plupart des émissions postales espa­gnoles s'ornèrent du portrait de la souveraine.

La crainte de contrefaçons incita les autorités postales espagnoles à modifier le dessin de leurs timbres annuellement, sauf en 1857, 58, 59 et 63. Entre le 1er janvier 1850 et le mois de juin 1870, l'Espagne procéda ainsi à l'émission de quelque 285 timbres différents.

La série mise en circulation le 1er janvier 1865 se composait de sept valeurs, allant de deux quartos à deux reales. Tous ces timbres portaient le profil gauche surmonté d'un diadème de la reine Isabelle II. Leurs coins supérieurs présentaient des lions rampants et des tours, tandis que la valeur faciale apparaissait dans les coins inférieurs.

Ce fut au cours de l'impression des 12-quartos qu'une erreur survint.

Elle allait entraîner la création des timbres espagnols les plus recherchés. Le 12-quartos fut typographié par les Imprimeries Gouvernementales, à Madrid, en bleu et rose sur papier blanc. Au cours d'une des deux phases du processus d'impression, une erreur entraîna la création de certains timbres présentant un encadrement inversé. Cette erreur porta sur le spécimen occupant la 142ème place sur le feuillet de 200 timbres. Le por­trait (à l'encre rose) est normal, mais l'encadrement (à l'encre bleue) est inversé. Un certain nombre de spécimens présentant cette anomalie échappa au contrôle et ne fut jamais utilisé. Il existe plusieurs paires rassemblant un 12-quartos normal et un autre à encadrement inversé. Leur valeur est, bien sûr, très grande.


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AUTRICHE - 6-kreuzer "Mercure Rouge"

L'Autriche, qui procéda à l'émission de ses premiers timbres en 1850, produisit une série de timbres destinés à l'affranchissement des journaux le 1er janvier 1856. Ces timbres furent conçus par J. Axmann; ils représentaient le dieu Mercure. Les inscriptions Zeitungs et Scampel appa­raissaient respectivement au-dessus et au-dessous du portrait. Ces timbres furent émis non dentelés et gommés.

Comme la couleur permettait de déterminer la valeur, celle-ci n'était pas indiquée. La série de 1851 se composait de trois couleurs: bleu (0,6 Kreuzer) pour l'affranchissement d'un seul journal, jaune (6 kreuzer) pour l'affranchissement d'un paquet de dix journaux, rose (30 Kreuzer) pour l'affranchissement de cinquante journaux.

Lorsque l'on constata que, en utilisant un produit chimique, l'on pouvait aisément rendre jaune un timbre bleu, il fut décidé de remplacer le 6-Kreuzer bleu par un timbre écarlate. Cette modification intervint le 21 mars 1856 et les nouveaux timbres furent vendus par feuillets de 10 pour un gulden (60 Kreuzer).

D'après les archives postales, quelque 120.000 "Mercure Rouge;' tels qu'ils sont surnommés par les collectionneurs, furent imprimés. Ils furent utilisés jusqu'en 1858, année au cours de laquelle tous les timbres excédentaires furent détruits.

Moins de douze spécimens sont recensés. Ce timbre fut réimprimé en 1866, 1870, 1884, 1886, 1887, 1894 et 1904 dans des couleurs plus vives que la teinte originale. Etant donné qu'il existe de nombreux spécimens des émissions ultérieures et de multiples faux, il convient au collectionneur d'être vigilant.


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ALLEMAGNE - 2-groschen "Aigle Impérial"

L’empire Allemand fut formé le 4 mai 1871 et les Postes Impériales naquirent en même temps. Cependant, avant que cette nouvelle Admi­nistration ne procède à ses premières émissions postales, les timbres du District Postal du Nord de l'Allemagne continuèrent à être utilisés. Le 1er janvier 1872, l'Empire Allemand fut autorisé à émettre ses propres timbres et seuls la Bavière et le Wurtemberg continuèrent à utiliser leurs émissions postales pendant un certain temps.

Comme l'ancien système, comportant deux unités monétaires, préva­lait toujours, deux séries de timbres impériaux furent préparées avec des valeurs exprimées en groschen et en kreuzer. Le même dessin - un cercle blanc renfermant les armoiries impériales gravées en relief - était utilisé pour les deux séries. La mention "Deutsche Reichs-Post" (postes impé­riales allemandes) domine le cercle, qui est situé au-dessus de la valeur faciale. Dentelés et gommés, ces timbres furent réalisés par l'imprimerie d'Etat, à Berlin.

La série, connue des philatélistes sous le nom « d'aigle au petit écu » (appellation tirée du dessin), fut prête à être utilisée avant le 1er janvier 1872 et fut vendue au public dès le 15 décembre 1871. Les timbres la composant ne purent toutefois être utilisés qu'à partir du 1er janvier suivant.

Cette émission peut être qualifiée de provisoire, étant donné que les autorités postales n'attendirent pas de recevoir le dessin officiel du Bureau Héraldique de Berlin et tracèrent elles-mêmes le dessin armorial central. La série fut donc rapidement remplacée.

Le 2-groschen bleu d'outremer constitue l'une des valeurs de la pre­mière série. Ces timbres étaient normalement dentelés, mais quelques-uns ne subirent pas cette opération.


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FRANCE 20-centimes Bleu "Paix & Commerce"

Le 1er juillet 1875, des artistes français se virent invités à proposer des motifs décoratifs pour une série de nouveaux timbres, destinés à marquer l'entrée de la France dans l'Union Postale Universelle, le 1er janvier 1876. Le premier prix de 1.500 francs fut attribué à Jules Sage, concepteur en chef chez un producteur de verres peints, installé en Auvergne. Son motif représentait la Paix et le Commerce, main dans la main et dominant le monde. Les collectionneurs ont surnommé ces timbres les « émissions Sage »

La matrice fut gravée par Mouchon et la première impression fut réalisée par la Banque de France, dans des locaux loués par la banque à Paris. A partir de 1880, l'impression fut assurée par l'Administration des Postes.

Treize valeurs, allant d'un centime à cinq francs, furent émises.

Les feuillets se composaient de douze blocs de 25 timbres (5x5). Pour faci­liter l'impression, chaque feuillet fut divisé en deux et chaque moitié fut à son tour divisée en six blocs de 25 timbres chacun. Le nom de l'artiste apparaît en très petites lettres au sein de la bordure inférieure de chaque timbre.

La série comprenait une valeur de 20 centimes, qui fut imprimée à l'encre bleue sur papier bleuâtre, en décembre 1876. Ces timbres étaient dentelés et gommés. Bien que les archives postales révèlent que quelque 14.179.500 20-centimes furent imprimés, ceux-ci ne furent jamais proposés au public. Leur destruction fut ordonnée le 24 février 1880, mais quelques spécimens furent sauvés et certains d'entre eux furent vendus au public par des employés de la poste inattentifs.



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12/05/2005

ILES SALOMON - 2-pence "Pirogue de Guerre"

Les Salomon forment un archipel composé de dix îles importantes et de quatre groupes d'îlots, dans la partie occidentale de l'océan Pacifique, à quelque 800 kilomètres à l'est de la Nouvelle-Guinée. Elles furent découvertes en 1568 par le navigateur espagnol Alvaro de Mendafia. En 1893, l'archipel fut partagé entre la Grande-Bretagne (les îles méridio­nales) et l'Allemagne (les îles septentrionales). Après la Première Guerre Mondiale, les anciennes possessions allemandes furent placées sous tutelle australienne.

Lorsque, en 1893, les îles devinrent protectorat britannique, il fut décidé que le courrier serait affranchi par paiement direct à l'autorité postale ou à l'aide de timbres de la Nouvelle-Galles du Sud, qui fait aujourd'hui partie de l'Australie. Un commissaire résident britannique fut nommé en 1897. Il s'installa sur l'île de Tulagi.

Le 14 février 1907, le commissaire britannique ordonna l'impression d'une série de sept timbres, destinés à l'affranchissement du courrier local. Ces timbres, dont les valeurs allaient de 1/2 penny à 1 shilling, représentaient une pirogue de guerre. Ils furent lithographiés par W.E. Smith & Company, à Sydney, en Australie. Les feuillets se compo­saient de 60 timbres, imprimés sur papier vélin et émis dentelés et gommés.

Une erreur d'impression survint durant la production du 2-pence bleu terne et ce timbre devint ainsi le plus précieux parmi tous ceux émis par les Salomon. Certains 2-pence ne reçurent en effet pas de dentelures verticales, mais seuls quelques spécimens présentant cette anomalie sont répertoriés. L'un d'entre eux fait partie de la Collection Royale à Londres.


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