11/04/2005

TOGO - 2-marks "Yacht Hohenzollern"

L'ancien protectorat allemand du Togo était situé en Afrique occidentale, le long du golfe de Guinée. Il était bordé à l'est par le Dahomey et à l'ouest par le Ghana. La colonie fut acquise en 1884, suite à un traité passé entre l'Allemagne et le roi du Togoland.

Ce fut la plus prospère des possessions allemandes en Afrique. Sebbé fut la première capitale, mais le siège du gouvernement fut plus tard installé à Lomé, port principal de la colonie.

Le premier bureau de poste fut ouvert le 1er mars 1888. Des timbres identiques à ceux mis en circulation en Allemagne furent utilisés, jusqu'à l'apparition d'une surcharge spéciale, en 1897.

Au cours des derniers mois de l'année 1900, le Togo se vit doté d'une nouvelle série de timbres, qui étaient très semblables à ceux fournis aux autres possessions allemandes. Ces émissions ne différaient en effet que par le nom du pays utilisateur, apparaissant au sommet de chaque timbre. Les timbres qui portaient les valeurs les plus élevées s'ornaient d'un dessin représentant le Hohenzollern, le yacht du kaiser. Ils étaient imprimés à Berlin, par feuillets de vingt timbres, et envoyés à la colonie. Ces timbres furent émis dentelés et gommés.

Au cours de la Première Guerre Mondiale, le Togo fut occupé par les Britanniques et les Français. Le stock de timbres coloniaux allemands avait été dissimulé dans la ville de Kamina, mais les Alliés le découvrirent et le répartirent entre Français et Britanniques, qui l'utilisèrent dans leurs secteurs d'occupation respectifs.

A cette fin, les Français surchargèrent un certain nombre de timbres, et notamment des 2-marks bleus « Yacht Hohenzollern »' La surcharge, réalisée à l'encre noire à l'aide de caractères sans empattements, se composait de la mention « Togo/Occupation//franco-anglaise."ElIe fut apposée à la Mission Catholique de Lomé. Seuls quelques timbres de valeur élevée reçurent la surcharge. Ils sont donc particulièrement rares et recherchés.



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08/04/2005

TERRE-NEUVE - 60-cents Postes Aériennes "De Pinedo"

TERRE-NEUVE est une grande île d'Amérique, située à l'embouchure du Saint-Laurent. Elle procéda à l'émission de ses premiers timbres en 1857 et de ses premiers timbres "Postes Aériennes" en 1919, avant de devenir l'une des provinces du Canada, en 1949.

En 1927, le marquis Francesco de Pinedo, l'un des aviateurs italiens les plus accomplis, conçut le projet d'effectuer un vol sans escale entre TERRE-NEUVE et Rome, en Italie, à bord de son hydravion, le Santa Maria II. Le 21 mai 1927, les autorités postales de TERRE-NEUVE procédèrent à l'émission de plusieurs timbres spéciaux pour commémorer ce vol. Trois cents 60-cents noirs, émis en 1897 dans la série "Découvertes de Cabot" et s'ornant du portrait du roi Henri VII d'Angleterre, furent surchargés horizontalement à l'encre rouge de l'inscription : AIr Mail/ De Plnedo/1921.

La plupart de ces timbres furent utilisés sur du courrier destiné à être transporté par l'avion italien. L'on estime que moins de cinquante spéci­mens non utilisés furent conservés.

La tentative de Pinedo eut lieu peu après l'émission des timbres. L'aviateur avait amené son hydravion jusqu'à quelques centaines de kilomètres du continent européen lorsque des ennuis de moteur le forcèrent à amerrir. Il eut la chance d'être secouru et son avion fut remorqué jusqu'aux Açores, où il fut réparé. Il redécolla et arriva à Rome le 1er juin. Ce timbre constitue un fort bel hommage à de Pinedo, qui devait peu après trouver la mort à l'aéroport de Floyd Bennett, à New York, alors qu'il tentait d'établir un nouveau record.



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SUISSE - Genève Double

Le 13 septembre 1843, le Grand Conseil du canton de Genève décida l'émission d'un timbre de 5 centimes, destiné à l'affran­chissement des lettres expédiées à des destinataires vivant dans les limites du canton postal. Les lettres adressées en dehors du district de Genève devaient être affranchies à l'aide de deux de ces timbres.

Le timbre connu des collectionneurs sous le nom de Genève Double fut émis pour la première fois le 1er octobre 1843. Il s'orne des armoiries de la ville de Genève, qui se détachent en noir sur un arrière-plan vert pomme, et porte les mentions Poste de Genève sur le dessus et Port Local sur le dessous. Comme ces armoiries comportent un aigle, les philatélistes considèrent qu'il s'agit là du premier des nombreux timbres incorporant des oiseaux dans leur motif. Comme le nom Genève Double permet de le supposer, deux timbres étaient imprimés côte à côte lorsqu'ils servaient à l'affranchissement cantonal. L’inscription 10 Port Cantonal cent était alors apposée au sommet de la paire. Le Genève Double était imprimé par feuillets de cinquante et, d'après les documents dont on dispose, il apparaÎt que 60.000 de ces feuillets furent émis. Il existe encore un bloc de quinze de ces timbres, avec marges et inscriptions, composé de six paires et de trois demis.

La rareté du Double Genève se reflète dans sa valeur catalogue.


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06/04/2005

SUISSE - "Colombe de Bâle"

 La Suisse fut le premier pays à créer un timbre représentant un oiseau. A l'époque où ce timbre fut émis, les différents cantons helvétiques avaient le droit de percevoir les frais de port et il fallut attendre le 1er janvier 1849 pour que seule la Confédération assure les services postaux.

Le 1er juillet 1845, Bâle procéda à l'émission du seul et unique timbre de son histoire et devint, ce faisant, le deuxième canton suisse à créer un timbre représentant un oiseau. Ce timbre fut conçu par Melchion Berry; il fut gravé et imprimé par Krebs, à Francfort, en Allemagne. L'adminis­tration postale du canton de Bâle devenait ainsi la première à faire imprimer une émission postale à l'étranger. Ce timbre fut lithographié en noir, bleu et carmin sur du papier vélin blanc.

Son dessin montre une colombe blanche en vol, tenant dans son bec une lettre, au sein d'un écu carmin. Cette colombe, gravée en relief sans couleurs, explique le nom donné au timbre par les collectionneurs. Le dessin comporte également les armoiries de Bâle (une crosse) et la valeur: 21/2 Rp (rappen).

Cette valeur permettait l'affranchissement d'une lettre d'un poids inférieur à un loth (environ 14 grammes), dont le destinataire résidait dans la ville de Bâle. Deux timbres devaient être utilisés pour les lettres destinées aux faubourgs de la ville ou à d'autres localités du canton. Le timbre ne rencontra toutefois qu'un accueil mitigé et, après 1847, il ne fut plus guère utilisé.

Le bloc de "Colombes de Bâle" le plus important se compose de quinze spécimens et il fut découvert de manière curieuse. Un citoyen de Bâle, ayant pour habitude de conserver ses timbres sur sa cheminée, fit apparemment glisser ce bloc derrière le papier peint de la pièce sans s'en apercevoir. Les timbres demeurèrent ainsi cachés jusqu'en 1909.

Le bloc fut acquis par Zumstein, le négociant suisse bien connu et éditeur de catalogues, qui le vendit à Alfred F. Lichtenstein, un collec­tionneur américain renommé. Lorsque la collection de celui-ci fut mise en vente, le bloc fut acheté par un collectionneur, qui l'offrit au Musée Postal Suisse.



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SUISSE - 5 - Rappen Rayon I entièrement encadré

Bien que plusieurs cantons suisses aient procédé très tôt à leurs propres émissions postales, la Confédération Helvétique n'imprima ses premiers timbres qu'en mai 1850. Ces timbres représentaient l'emblème de la Suisse (une croix blanche sur un fond rouge) et portaient la mention Orts Post ou Poste Locale.

En octobre 1850, une nouvelle série de timbres, appelés " Rayons " par les philatélistes, fut mise en circulation. Si le dessin demeurait inchangé, la mention différait, puisqu'elle s'était transformée en Rayon I ou en Rayon II. Le 5-rappen Rayon l servait à l'affranchissement des lettres expédiées à une distance maximale de 3 kilomètres, tandis que le 10-rappen Rayon II servait aux envois pour des distances situées entre 3 et 16 kilomè­tres. Un 15-rappen Rayon III fut ultérieurement émis pour l'affranchissement du courrier envoyé à des distances de plus de 16 kilomètres.

Ces timbres furent imprimés suivant un procédé lithographique sur des feuillets de 160 unités, subdivisés en quatre panneaux de 40. Non dentelés et gommés, les 5-rappen Rayon l sont bleu ciel et rouges. Certains d'entre eux sont entièrement encadrés, d'autres partiellement, d'autres encore n'ont pas d'encadrement. La variété entièrement encadrée est la plus recherchée. Utilisé à l'origine pour séparer les couleurs, l'encadre­ment fut ensuite supprimé, car l'on estima qu'il constituait une erreur du point de vue héraldique.

Lors de la vente H.R. Harmer de la collection Caspary en 1957, un 5-rappen Rayon l oblitéré et entièrement encadré fut acheté pour 7.500 dollars.


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Le faussaire Jean de Spérati

Au centre du scandale des falsifications philatéliques qui ont retenu     l'attention du monde entier, notons en France dans les années 1950 celui provoqué par Jean de Spérati. Ses faux étaient de petites merveilles artistiques qui ont réussi à tromper les meilleurs experts.

Il se livra corps et âme à cette opération et il faillit ne jamais être démasqué. Dans le courant de l’année 1947, il transportait quelques timbres plus que rares, alors qu'il s'apprêtait à franchir la frontière franco-espagnole près de Hendaye. Un douanier reconnut parmi ces timbres le bleu de l'île Maurice et réclama le paiement des droits. Spérati s'y refusa en déclarant que le timbre était faux.

Au cours de l'interrogatoire auquel on le soumit, il avoua avoir imprimé lui-même ces timbres et d'autres pièces rares. Il l'avait fait pour avoir le plaisir de démontrer aux philatélistes et collectionneurs les plus avertis qu'il pouvait les tromper tous. Il ne voulut pas révéler comment il s'y était pris. Il prétendit cependant pouvoir livrer le bleu de l'île Maurice pour le prix de 8 francs la pièce à des milliers, voire des dizaines de milliers de gens. Selon lui, on ne pouvait pas distinguer un seul de ces timbres de l'original. Cependant les experts en timbres, qui avaient déclaré authentiques les produits de Spérati, ne voulurent pas en démordre. Ils auraient été la risée de tous. Ils affirmèrent que les timbres donnés pour faux par Spérati étaient authentiques.

Mais les douaniers crurent Spérati qui n'eut rien à payer. En revanche, il fut condamné à un an de prison quand on eut découvert qu'il avait offert ces produits aux enchères, et cela beaucoup trop cher. Après sa libération, on perdit sa trace en Suède où il a dû mourir.

C'est une chance pour les collectionneurs que Jean de Spérati, très âgé, ait dû vendre sa collection complète, avec les clichés et les archives de sa production. Celle-ci fut achetée par un groupement philatélique anglais, la «British Philatelic Association». Ce matériel fut soumis aux experts et les résultats portés à la connaissance du public, de sorte que ces falsifications ont perdu un peu de leur influence dangereuse.



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Le faussaire François Fournier

 Dans les années 20, l'Union Philatélique de Genève accomplit un énorme travail, sous la direction de son président, M. E. Friedrich. Cette association réussit à acheter à la maison Ch. Hirschburger, également à Genève, un certain nombre de caisses pleines de marchandises douteuses. Celles-ci, en effet, contenaient non seulement tous les soldes des timbres-poste imprimés par les prédécesseurs de Hirschburger, mais encore les presses à imprimer et à denteler, et tous les stocks imprimés qui avaient servi à fabriquer tous les produits qui font actuellement le souci des philatélistes : les faux tant redoutés d'un certain M. François Fournier.

Les presses et les stocks d'imprimés furent remis au musée des PTT de Berne où, depuis, ils sont gardés sous clé.

Les membres de l'association confectionnèrent 475 albums avec les timbres qu'on y trouva, dans lesquels on peut voir presque tous les faux marquants de Fournier. Les albums furent numérotés et vendus à toutes les associations, experts et commerçants du monde entier, aux fins de contrôle, ce qui permit de couvrir le prix d'achat du matériel. Les autres pièces des installations de Fournier furent détruites sous contrôle. En un quart de siècle, ce que Fournier a pu produire en faux, souvent avec une maîtrise incomparable, dépasse l’imagination. Il n'y a pratiquement pas un timbre, parmi les joyaux des collections, qu'il n'ait imité et mis dans le commerce. Par exemple, pour les faux du Japon de leur origine jusqu’à environ l’an 1900, Fournier avait émis une grande feuille à laquelle était annexée un tarif. Selon l'avis du faussaire, il valait mieux acquérir ces vignettes pour le prix de 20 mark plutôt que de devoir débourser 500 mark pour se procurer les timbres véritables. Les collectionneurs de son temps pensaient de même.

Mais bientôt quelques-uns d'entre eux réfléchirent. Les reproductions de Fournier étaient si bien faites que même des collectionneurs avisés s'y laissaient prendre et les considéraient comme authentiques.

L'un des faux les plus redoutés de Fournier est l'imitation d'un timbre de 4 centimes d'Alsace-Lorraine qui trompa maints collectionneurs éprouvés. En considérant ces albums, on craint d'avoir dans sa collection des faux de Fournier ou de Spérati, car Fournier n'était malheureusement pas le seul à déployer cette activité malhonnête qu'il maîtrisait si bien.



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